The Electric Dreams

Mon coin ciné, lectures, séries & co

Je ne connaissais pas du tout Scott Reintgen. J’étais très intriguée par cette couverture, avec le résumé et ses côtés Hunger Games (la compétition, bien que moins « sévère ») et La Stratégie Ender affichés. Sur la couverture de la version française, disponible depuis le 10 juin, on découvre Emmett, et il faut avouer que l’illustration rend vraiment bien ! D’ailleurs, les couleurs rendent beaucoup mieux « en vrai ». Ce choix place vraiment le livre en catégorie young adult, contrairement à la couverture de la version originale. Le titre n’a rien à voir non plus, on passe de Nyxia à Babel Corp. : Genesis 11 (nyxia est traduit par noxolyte en français). Ce n’est donc pas étonnant que les éditions Milan aient opté pour quelque chose de différent, ça n’aurait pas été franchement vendeur !

Emmett embarque sur Genesis 11, un vaisseau de la compagnie Babel Corp., avec d’autres ados défavorisés. Leur mission : récolter sur la planète Eden une substance fossile surpuissante, la noxolyte. Or seuls meilleurs éléments seront autorisés à débarquer. A bord, les épreuves cruelles et biaisées succèdent aux entraînements violents, et Emmett se méfie de plus en plus de Babel Corp.

Le postulat de départ est plutôt simple. Les dix ado sont soumis à un entraînement rigoureux et difficile, tous les jours, dans un vaisseau spatial : cours et quiz sur Eden (faune, flore, habitants, etc.), combats, endurance, apprivoiser la noxolyte… Ils sont notés quotidiennement sur ces entraînements, et les deux derniers du classement seront éliminés. Il est rapidement évident que Babel Corp ne dit pas tout, et ça n’a fait qu’attiser ma curiosité. L’auteur fait des choix (enfin, UN en particulier) qui, pour moi, a agit comme un rappel à l’ordre : il y a une sélection, et même si elle n’est pas drastique, seuls les plus forts gagneront. N’importe qui peut se faire éjecter ; hormis un retournement de situation vraiment inattendu, on ne s’inquiète pas réellement pour la sélection d’Emmett. La deuxième partie, à bord de la station Tower, se déroule sur un temps plus court, se lit « un peu trop vite », et fonctionne sur le même schéma que les événements à bord du vaisseau : les règles du jeu évoluent, mais la combativité pour rester dans le classement est toujours de mise.

Il m’a fallu un peu de temps à rentrer dans l’histoire, Emmett m’apparaissait trop faussement « rebelle », formulait trop souvent des conclusions hâtives ; heureusement le développement de son personnage est bien mené. Il se questionne beaucoup, et finit par se remettre en question. J’ai adoré la diversité culturelle (bien qu’elle ne soit pas réellement développée : ne choisissez pas cette lecture pour en apprendre plus sur la vie au Pakistan ou au Japon !), même si au final, ça n’apporte pas une réelle différence au niveau du contenu, ça change de ce qu’on peut trouver dans les YA « classiques ». Tous les personnages ne sont pas aussi développés qu’Emmett, mais je les ai apprécié tout de même, même ceux qu’on essaie de nous faire détester. On n’évite pas non plus les tropes des romans young adult, les personnages secondaires pouvant être relayés à quelques adjectifs (Bilal le gentil, Longwei le méchant, Kaya l’agréable stratège, Katsu le clown…). La romance (bien que non essentielle selon moi) a le mérite de ne pas apparaître systématiquement dès que des liens se forment entre deux personnages, ou avec le premier personnage féminin qui entre dans la pièce !

Le côté SF n’est vraiment pas poussé (oui, on est sur un vaisseau spatial, et les héros se rendent sur une planète avec des extraterrestre) mais ça reste vraiment abordable, du YA en somme, pas du Arthur C. Clarke ou Peter Hamilton. Un premier tome se lit vraiment vite et bien, malgré quelques longueurs dues à la répétition des exercices, à cette obsession pour le classement. Pris dans sa globalité, j’ai passé un bon moment, et je suis curieuse de lire la suite !

Thèmes principaux : combats, survie, espace

Alors qu’autour de moi, les gens parlent de This is Us (2016) comme la série dramatique à voir, je me suis tournée vers A Million Little Things à sa sortie (2018). Produite par ABC*, elle est loin d’être une pale copie de This is Us. AMLT est emplie d’émotions et véhicule de beaux messages d’amitié, de courage… et le tout avec une réelle bienveillance !

Pour commencer, petite overview du casting. Je le trouve extrêmement bien trouvé, et on peut apercevoir des acteur·rice·s dans des rôles très différents de ce pour lesquels ont les a connu ! David Giuntoli (Grimm), Grace Park (Battlestar Galactica, Hawaii 5-0), Romany Malco (Weeds) ou encore James Roday (Psych) représentent une partie de ce casting varié. C’est pour ce dernier que je me suis aventurée dans AMLT, le drame n’étant pas mon sujet de prédilection. Puisque Psych est une de mes séries feel good favorites depuis des années, j’ai cherché à découvrir d’autres titres de sa filmographie.

Mais du coup, AMLT ça parle de… ? D’amis ! Ce groupe d’amis doit faire face au suicide de l’un d’entre eux, révélant par la même occasion le fait qu’ils ne se connaissent finalement pas si bien que ça… Ce choc est l’occasion pour eux de remettre les choses à plat, et de renforcer les liens qui les unissent. Ils découvriront également les raisons qui ont poussé leur ami à mettre fin à ses jours.

Rien de sensationnel, si ce n’est des histoires de vies, des personnages qui se confient… Bref, une série chorale où on découvre les personnages avec leurs forces et leurs faiblesse ; où on rit et on pleure (beaucoup, si vous êtes comme moi) devant notre écran.

Gary (James Roday)

AMLT aborde le deuil, les maladies (cancer, dépression) mais aussi l’amour, le courage, l’amitié. Bouleversant mais bienveillant – c’est vraiment comme ça que je l’ai ressenti. Le jeu des acteur·rice·s est juste, on s’attache rapidement : l’alchimie et la complicité entre eux sont réellement palpables.

Loin des séries que je regarde habituellement (pas de sci-fi, pas de fantastique, pas d’enquêtes à résoudre…), AMLT mérite réellement qu’on lui donne sa chance. Allez, je dois encore visionner la deuxième saison ! La série a d’ailleurs été renouvelé pour une troisième saison, bien que nous n’ayons pas encore de détails sur sa diffusion.

*La liste des autres productions de la chaîne ABC ici. Les droits d’AMLT ont été acheté par le groupe TF1 en France.

Thèmes principaux : amitié, deuil, maladie

L’annonce de la série DC (co-créée par Greg Berlanti, qu’on ne présente plus, mais au cas où : pensez Arrowverse) m’avait vraiment ‘hypée’, malgré son côté teen affiché.

Car oui Titans, c’est l’adaptation en série des Teen Titans, les super-héros ado : Robin, Raven, Beast Boy, Starfire… D’ailleurs, après avoir commencé le visionnage de la première saison (disponible sur Netflix), on comprend très vite pourquoi le « Teen » a disparu du titre ! Les personnages sont des adolescents (enfin, une partie tout du moins) et agissent comme tels… Et pourtant, l’univers est sombre, et les intrigues violentes. On est loin de suivre la vie de « héros ». Superman n’est pas là, et Batman – bien qu’absent également – en prend pour son grade.

Personnellement, ado, j’aimais beaucoup Dick Grayson/Robin. Alors une série dans laquelle on peut vraiment le voir évoluer ? J’étais r-a-v-i-e !

Koriand’r/Starfire

Dans l’ensemble, visuellement, c’est bien fait : univers, combats, costumes… Cette saison 1 prends le temps d’introduire et de développer les différents personnages (enfin, surtout Dick/Robin et Rachel/Raven)… quitte à, parfois, retarder le déroulement du scénario au profit des états d’âmes de nos anti-héros. Brendon Thwaites* (Dick) porte clairement la série sur les épaules. Le personnage de Rachel devient assez vite insupportable. Par contre, j’aime beaucoup Starfire et j’adore Gar (Beast Boy) mais il faut avouer qu’il n’est pas vraiment mis en avant, et malheureusement, la saison 2 ne redorera pas son blason… Les scènes d’actions/combats pullulent, le sang gicle à foison : bref de ce côté-là, on ne s’ennuie pas !

Rachel/Raven

Mais voilà, la saison 2… Ah là là, cette déception ! Méga étalage des émois et états d’âmes des personnages, intrigues qui sont découpées de manière hasardeuse, flashbacks qui ralentissent le rythme, manque de tension… Franchement douloureux (vous allez me dire : « tu l’as quand même regardé jusqu’au bout », et c’est vrai). Heureusement, l’arrivée de Superboy et Krytpo (parce qu’un super-chien, je ne pouvais qu’aimer !) ne rend pas mon visionnage de cette deuxième saison complètement inutile. Je trouve dommage que la dualité de son personnage n’ait pas été amené avec plus de subtilité. Et puis, il faudra toute la saison 2 à Dick, aka Robin, pour trouver son identité de Nightwing… Alors que, franchement, on attendait que ça !

*D’ailleurs, c’est lui qui incarne le Prince Philippe dans Maléfique et Henry Turner dans Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar.

Thèmes principaux : super-héros, action, quête identitaire

Si je vous dis Denzel Washington, Angelina Jolie et Queen Latifah, ça vous parle ? Il s’agit de Bone Collector, un film de Phillip Noyce (1999 – oui, ça commence à dater !) et l’adaptation du roman de Jeffery Deaver.

La chaîne NBC a décidé de remettre la traque du désosseur au goût du jour, sous forme de série cette fois, et avec en tête d’affiche Russell Hornsby (Grimm, The Affair) et Arielle Kebbel (Gilmore Girls, The Vampire Diaries, Midnight Texas).

Lincoln Rhyme est un détective criminologue aussi arrogant qu’intelligent. Il traque un serial killer, le « Bone Collector », le Désosseur mais leur confrontation n’a pas le résultat attendu. Handicapé, blessé dans son orgueil, il refuse de continuer à travailler pour la police de New York… jusqu’à ce qu’une jeune recrue, Amelia Sachs, se retrouve sur la piste d’un tueur. Lincoln accepte alors de reprendre les enquêtes, mais seulement si Amelia devient sa partenaire (ses yeux et ses oreilles sur le terrain).

Le premier épisode est tout ce qu’il y a de plus classique, et tient bien son rôle d’épisode d’exposition : l’intrigue est posée, les personnages se découvrent. Pour les personnes qui connaissent bien le film (ou lu le roman), on a cette désagréable impression d’un déjà vu qui n’en finit pas. Les acteurs sont convaincants, heureusement. Personnellement, je n’éprouve pas le même ressenti par rapport à Lincoln et Amelia « version série télé », peut-être parce que j’ai grandi avec le film. Il m’a fallu plusieurs épisodes pour me sentir concernée par les événements. Les 10 épisodes ne sont pas tous centrés sur le Désosseur ; Amelia et Lincoln traquent d’autres tueurs, mais ces épisodes suivent un rythme et un scénario somme toute assez convenu…

Honnêtement, la série n’est pas mauvaise, mais je regrette vraiment que le côté procedural soit si important, et manque d’originalité. Le plus intéressant reste le fil rouge sur le Désosseur. Malgré le fait que le film a du vieillir et que je ne l’ai pas regardé depuis plusieurs années, il me semble que le personnage d’Amelia y est mieux développé que dans la série – pourtant, il y avait matière. En plus, le film sera plus rapide à regarder que les 10 épisodes de la série de NBC…

Thèmes principaux : enquêtes, serial killer

Mon plaisir coupable (tout à fait assumé, donc pas vraiment coupable) est la lecture de titres young adult. Je traîne souvent dans les rayons à la recherche d’un titre sympa, même si vous avez plus de chance de me croiser dans le rayon fantasy. C’est comme ça que je me suis laissée tenter par Grace & Fury de Tracy Banghart, une autrice qu’on ne connaissait pas encore en France avant la parution du titre chez Hachette Romans (septembre 2018, 18 €). Bizarrement, on trouve énormément de dystopie dans les rayons YA. Malgré le fait que ce n’est pas un genre que j’affectionne particulièrement, j’étais très attirée par l’illustration de la couverture, où on peut apercevoir une partie du visage des deux héroïnes (les versions US et GB sont d’ailleurs bien moins jolies).

À Viridia, les femmes vivent pour servir les hommes, elle n’ont pas le droit de lire, de choisir leur mari ou de travailler.`Serina est une Grâce, une jeune fille qui a été éduqué dans l’espoir de devenir une des favorites du roi. Elle est douce, docile, soumise ; elle a été éduqué pour plaire, procurer du plaisir. Sa jeune sœur Nomi a appris à s’occuper d’elle : la coiffer, la maquiller… elle sera sa suivante lorsqu’elles iront au palais. Mais Nomi a l’esprit rebelle : elle a appris à lire en secret, et ne comprends pas pourquoi elle n’a pas la possibilité d’agir et de vivre comme son frère jumeau. Lors du bal de la sélection des Grâces, Nomi est choisie par l’Héritier pour faire partie de ses Grâces au lieu de sa sœur… qui, accusée d’un crime qu’elle n’a pas commis, finit sur l’île-prison pour femmes, le Mont Destruction. L’une comme l’autre, elles vont devoir survivre dans un monde dont elles ne connaissent pas les règles.

Alors oui, le scénario est assez classique. J’ai deviné très vite qui était l’antagoniste. On ne peut pas dire que cela révolutionne la dystopie non plus, mais j’ai tout de même beaucoup aimé suivre Serina et Nomi dans leurs aventures. J’ai acheté le deuxième (et dernier) tome lors de mon week-end à Londres à l’automne dernier, et j’ai profité du confinement pour relire le premier tome (en VF) et enchaîner sur sa suite, Queen of Ruin*. L’alternance de point de vue (un chapitre du point de vue de Serina, puis un de Nomi, etc.) peut surprendre, mais on s’y fait vite, d’autant que les chapitres sont assez courts.

La relecture m’a d’ailleurs fait changer d’avis sur certains événements du roman, par rapport à ma première lecture. Nomi, que j’avais beaucoup aimé la première, m’a plus agacé, et j’ai été beaucoup plus intéressé par le parcours de Serina et sa découverte de soi – par son affirmation, ses batailles, ses révélations. Heureusement, même si Nomi n’en fait qu’à sa tête dans Queen of Ruin, il se passe tellement de choses qu’on reste porté·e·s par les événements.
J’aurai beaucoup à dire sur l’Héritier, Malachi, et Asa, son jeune frère (et pas que « en bien »), mais c’est compliqué sans spoiler les trois quarts du premier roman ! Le personnage de Malachi est clairement plus intéressant et plus développé dans Queen of Ruin, mais je l’aimais déjà bien dans Grace & Fury, avec son air taciturne et renfrogné. Malheureusement, on ne peut pas dire que les autres personnages masculins soient vraiment développés dans cette duologie. La fin… est un peu rapide, et après le cheminement de nos héroïnes, apparaît un peu « facile », mais les ameur·rice·s de happy ends seront comblés !

*Le titre est prévu chez l’éditeur, mais on ne connaît pas la date de publication encore, et je ne sais pas si le titre sera le même… je mettrai à jour cet article quand j’aurai les informations !

Nancy Drew est une héroïne fictive de romans jeunesse écrits par un collectif d’auteur·rice·s dans les années 1930 et encore publiés aujourd’hui. Si son nom ne vous dit rien, c’est parce qu’En France, Nancy a été renommé Alice Roy ! Hachette a traduit les romans dès les années 1950 dans leur bibliothèque verte puis rose.

Nancy, jeune femme de 16-18 ans, est une détective en herbe qui plaît énormément au public américain (et français). Elle représente l’américaine typique, idéalisée : bien élevée, vertueuse… C’est une référence pop culture que l’on trouve régulièrement dans les autres séries américaines. Inédite en France pour le moment, la série Nancy Drew (2019) a attiré mon attention alors que nous sommes en plein confinement. Si j’ai « binge watché » une grande partie de la première saison, j’ai du prendre mon mal en patience pour les derniers épisodes (le dernier a été diffusé il y a quelques jours).

Dans la série, Nancy a finit le lycée. Ado, elle jouait les détectives amatrices, au grand dam du shérif, avec qui les rapports sont tendus. Avant de partir étudier à l’université, Nancy passe donc l’été dans sa ville natale, et travaille dans un diner. Un soir, la femme d’un des riches jeunes hommes de la ville est retrouvée morte sur le parking du restaurant. Nancy, embarquée dans cette histoire de meurtre, décide d’enquêter… et commence à subir les apparitions d’un fantôme contrarié, Lucy Sable, morte plus de 15 ans auparavant et devenue une légende urbaine.

N’ayant pas lu les romans, le côté surnaturel était une surprise. Au tout début, je me suis demandée s’ils allaient expliqué ces flashs, apparitions etc. par des tours de passe-passe, de la technologie… Eh bien donc, pas du tout ! Attendez-vous à votre dose de jumps scare, de lampes qui clignotent, d’hallucinations et de possessions. On est très loin d’American Horror Story, pas d’inquiétude de ce côté-là ! Nancy Drew est avant tout une teen serie.

Mais voilà, Nancy n’en fait qu’à sa tête, et ses acolytes en font (trop) souvent les frais. Heureusement, Nancy ne m’est pas apparue aussi insupportable dans tous les épisodes ! Côté casting, Nancy est jouée par Kennedy McMann… que je ne connaissais pas du tout. Les seuls noms que j’avais reconnu pré-visionnage ont des rôles « d’adultes » (bonjour le coup de vieux) comme Scott Wolf (Night Shift, Perception, V, La vie à cinq), Riley Smith (Nashville, The Messengers, True Blood) ou Katie Findlay (Murder, The Magicians). De mon point de vue, les personnages les plus intéressants sont ceux de George (Leah Lewis), Beth (Maddison Jaizani) et Ace (Alex Saxon).

Dans l’ensemble, les personnages ne sont pas matures, la mise en scène n’est pas poussée. Les retournements de situation sont si nombreux, qu’on se rend vite compte que ce ressort scénaristique est poussé devant nos yeux pour retenir notre attention. Ça fonctionne parfois bien – je suis bon public – mais je pense que cette série est à réserver aux personnes qui aiment le côté teenage ; il y a une réelle teinte Riverdale. Produite, écrite et développée par Josh Schwartz (Chuck, Gossip Girl), Stephanie Savage (Gossip Girl, Dynastie) et Noga Landau (The Magicians), la série se tient mais n’égale pas ses aînées que sont Gossip Girl ou Chuck.

Thèmes principaux : drame, enquêtes, fantôme.

Je vous parle aujourd’hui d’une série atypique qui n’a pas encore trouvé son chemin jusqu’à chez nous, il s’agit de In the Dark. Alors que la deuxième saison commencera d’ici une dizaine de jours (le 16 avril exactement), la chaîne The CW a déjà renouvelé la série pour une troisième saison !

Côté casting : Perry Mattfeld, Rich Sommer, Brooke Markham, Casey Deidrick et Morgan Krantz forment une sacré équipe à l’écran. Pour être honnête, le résumé ne m’intriguait pas plus que ça, mais j’ai voulu regarder la série pour Casey Deidrick, que j’avais adoré dans Eye Candy (série slasher de MTV, annulée après une saison).

Murphy (Perry Mattfeld) a perdu la vue alors qu’elle était enfant. Devenue jeune femme, elle est alcoolique, bornée et impertinente. Murphy n’a que deux amis : Jess, sa colocataire et amie d’enfance, et Tyson, un ado qui vend de la drogue au coin de son immeuble, et qui l’a sauvé d’une agression quelques années auparavant… Même avec son chien guide (un golden retriever), Pretzel, les rapports sont tendus. Une nuit, elle trébuche sur un cadavre dans la ruelle à côté de son immeuble et appelle les secours, persuadée qu’il s’agit du corps de Tyson. Mais lorsqu’ils arrivent, les policiers n’en trouvent aucune trace. Puisqu’ils ne veulent pas la croire, Murphy décide d’enquêter sur le meurtre de son ami…

Murphy, introvertie, assume totalement son mode de vie auto-destructeur. Son personnage antipathique ne laisse pas de marbre. Elle est imparfaite, vulnérable (elle n’arrive pas à faire le deuil de sa relation avec Tyson), toujours très vocale. Elle sait aussi se montrer forte ; elle repousse les limites malgré les obstacles (sa cécité, la police…) afin de découvrir la vérité… quitte à se mettre en danger (ou mettre son entourage en danger). Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne manque pas de personnalité, et qu’elle est l’un des personnages les plus réels et humains de la série. Bon, après, ça reste parfois difficile de visionner les épisodes : la façon dont elle est écrite lui enlève toute empathie. Heureusement — il y a Pretzel (je ne plaisante qu’à moitié) — les personnages qui l’entourent relèvent le niveau, que ce soit Jess (Brooke Markham), Max (Casey Deidrick) ou Felix (Morgan Krantz), qui pourtant au début est très peu développé et ne paie pas de mine.

Je regrette que certains retournements de situations apparaissent un peu facilement (ou, pire, on se dit que ça ne pourrait pas arriver dans la vie réelle), mais il faut avouer que dans l’ensemble les intrigues sont bien ficelées. Bonus pour moi, je n’ai pas deviné avant le grand reveal qui était l’assassin de Tyson ! Ce n’est pas une série que je place parmi mes préférées, mais comme je suis bon public, je valide quand même, et je donnerai sa chance à la deuxième saison pour Jess, Felix et Max (surtout vu le cliffhanger).

Thèmes principaux : enquête, cécité.

 

Ce spin-off de la série The Fosters est centré sur deux jeunes femmes déjà connues dans cette dernière : Callie et Mariana Adams Foster, deux sœurs adoptives. Elles déménagent à Los Angeles après leur étude, font leurs débuts dans la vie active…. et emménagent dans un logement communautaire.

Interprétées par Maia Mitchell et Cierra Ramirez, Callie et Mariana ne sont pas abordées uniquement comme deux jolies filles. Je ne connais que peu la série The Fosters, mais force est de constater qu’on peut apprécier Good Troubles sans la connaître, et l’apprécier. Les quelques clés que j’avais sur The Foster se limitaient à celles-ci : deux femmes homosexuelles ont cinq enfant dont l’un provient d’un précédent mariage de l’une d’elle et les quatre provenant d’adoptions.

La série aborde des thématiques fortes telles que les discriminations sociales et raciales, le sexisme ou la transophobie. Pour une série qui semblait très teen, les showrunners semblent peu frileux et sortent du politiquement correct américain, sans aller jusqu’à créer des morales bidons. Si les scènes de sexe sont plus que présentes, on reste quand même sur une chaîne familiale.

Le personnage de Mariana est tout simplement génial. Diplômée de MIT, elle est embauchée dans une grosse start-up, Speckulate, et se retrouve confrontée au sexisme ambiant : son groupe de travail est exclusivement masculin, et son leader est machiste en plus d’être raciste et bourré de préjugés.
Callie rencontre également des difficultés dans son premier emploi, aux côtés d’un juge fédéral conservateur. Grâce à la présence de Callie, plus progressiste, il espère pouvoir contrecarrer les arguments que la partie adverse pourrait également présenter en amont des procès.

Les relations sont complexes, souvent matures. La vie en communauté nous offre de belles histoires et beaucoup de drama. Si les résidents sont moins au centre des intrigues (mais pas moins responsables du drama), ils sont traités de manière honnête à l’écran et on s’attache autant à eux qu’à Callie et Mariana. Si le personnage de Gael attire énormément l’attention, je regrette que Evan Speck, le patron de Speckulate, ne soit pas plus développé. Sans être la série de l’année (2019), la première saison m’avait plu. La deuxième saison moins, pour être tout à fait honnête. De manière globale, les différents scénarios reposent sur énormément de flashbacks, ce qui est lassant. En début d’année, Freeform a annoncé le renouvellement de Good Troubles pour une troisième saison.

Un visionnage hors de mes critères habituels, frais, juste ce qu’il faut de girly mais plein de drama. À réserver aux amateur·rice·s d’histoires de vie(s).

Thèmes principaux : drama, amours compliqués, vie active.

Michael Sheen est un acteur formidable, il ferait presque de l’ombre au reste du casting. Heureusement, celui-ci est bien trouvé avec en tête Tom Payne, Lou Diamond Phillips, Bellamy Young, Aurora Perrineau et Keiko Agena.

Malcom Bright (Tom Payne), profiler, est un ancien agent du FBI. Il devient consultant auprès du service de police de New York grâce au Lieutenant Gil Arroyo (Lou Diamond Philips) malgré son état psychologique – il est clairement instable. En cause, son père, le docteur Martin Whitly, célèbre tueur en série connu sous le nom de « The Surgeon » (littéralement, « le chirurgien ») reconnu coupable du meurtre de 23 personnes et incarcéré après avoir été dénoncé par son propre fils alors que celui-ci n’était qu’un enfant.

Une fois rentré à Quantico, Malcom refuse tout contact avec son père, mais après son renvoi et le début de ses missions de consultant auprès de la police de NY, les visites à la prison se font de plus en plus nombreuses… car avec l’aide (tordue) de son père, il résout plus rapidement les meurtres sur lesquelles il enquête.

Encore une série procedural, heureusement, le fil rouge (la relation père-fils, une victime inconnue de son père qui serait le produit de l’imagination de Malcom) est suffisamment présent pour que ça fonctionne. Le rythme est là, même si nous ne sommes pas sur une série d’une originalité folle. Malcom a définitivement des problèmes à régler (terreurs noctures, hallucinations…), ce qui rend sa participation au sein de la police quelque peu hasardeuse. Mais passé ce fait, l’alchimie fonctionne bien, que ce soit grâce à Tom Payne, dont le personnage est attiré inlassablement vers son père, ou à Michael Sheen, en sociopathe terrifiant de lucidité.

Malcom en fait souvent trop, mais après tout… ils sont de nature théâtrale dans sa famille ! Personnellement, j’ai choisi de regarder cette série pour Michael Sheen, acteur britannique au talent indéniable (Masters of Sex, Good Omens…). Belle surprise concernant Tom Payne et surtout, j’adore le personnage du médecin légiste, la Dr. Edrisa Tanaka (Keiko Agena), décalée mais adorable avec son crush énorme sur Malcom et ses réflexions WTF. Il reste quelques épisodes avant la fin de la saison 1, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que la dynamique familiale est assez intéressante pour que je continue de regarder ! Finalement, c’est une série parfaite pour la période du confinement, mais peut-être pas celle qui restera dans les annales.

La bande-annonce de TF1 (en VF).

Thèmes principaux : procedural, tueur en série, thriller.

Alors que le deuxième volume doit sortir dans quelques mois en France, je voulais parler du premier volume de Heartstopper.

Ce webcomic d’Alice Oseman a d’abord été publié via Patreon*. Devant le succès de la série, Hachette l’a publié au Royaume-Uni puis en France sous forme de roman graphique (il me semble d’ailleurs qu’il sera bientôt disponible aux US).

Heartstopper met en scène deux lycéens, Charlie et Nick. Charlie, musicien, sait qu’il est homosexuel et ne s’en cache pas. Nick, lui, est joueur de rugby. Ils se rencontrent dans un lycée pour garçons et deviennent rapidement amis, malgré leurs différences. Charlie commence à craquer pour Charlie, mais pense que son amour sera à sens unique…

Une amitié qui prend petit à petit un tournant inattendu et romantique. Drôle, empli d’émotions mais bienveillant (je n’irai pas jusqu’à dire que c’est « rare » dans les histoires entre hommes mais…), la relation entre Nick et Charlie est au cœur de l’histoire mais sans délaisser les relations humaines au sens large — car l’autrice aborde aussi des sujets forts comme l’homophobie, le harcèlement scolaire… Je regrette cependant que les personnages secondaires soient si peu développés (pour pas dire inexistants).

Romance assumée, douceur du trait, simplicité (finalement assez peu de texte, qui laisse place aux dessins, eux aussi simples), écrit en scénettes… voilà ce qui fait de Heartstopper un titre à part. Le côté très « blanc » (beaucoup d’espace entre les cases) pourra rebuter, il faut donner sa chance à cette lecture juste et touchante. Prise dans son ensemble, Heartstopper met du baume au cœur, malgré les moments tristes, et même si on reste parfois dans les stéréotypes du genre.

*site de financement participatif, permets aux artistes d’obtenir des financements de mécènes partout dans le monde.

Thèmes principaux : romance, LGBTI+, harcèlement